Benoit David


L’Angoisse
du dormeur

Encore une fois, une porte s’ouvre. Si je ne reste pas pour la retenir du pied, elle se refermera. Les portes donnant sur les lieux les plus précieux sont munies de ressorts. C’est comme ça. Les insomniaques le savent. Les autres s’en doutent.

[1 photo – 184 mots]

La nuit, pendant le sommeil, ce sont les fenêtres qui s’ouvrent et se ferment. Parfois, au petit matin, l’une d’entre elles demeure ouverte, nous incitant, par les parfums qu’elle laisse entrer, à chercher la porte qui mène là-bas, là où le mot possible n’a pas le même sens.

Trop fréquenter ces endroits finit par soulever un doute: on se trompe peut-être toujours sur ce que les mots veulent dire quand on est ici. Et peut-être même sur le sens de toute chose. On aimerait voir au-delà et on se sent petit pour ne pas avoir la vue plus longue.

Il n’y a pas de poésie en chaque chose sans ces portes. Mais je comprends ceux qui les ferment et les scellent. Ils cherchent sûrement ainsi à oublier la banalité de leur existence. Sans poésie, point de banal. Sans banal, point d’inconfort.

*

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